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mercredi 22 août 2007

Saoul-FifreC'est du propre !

Comme nous le savons (à la lavande), je le répète assez, je n'ai rencontré la famille Tant-Bourrin qu'une seule fois, et encore, sans le petit Tant-Bourriquet, pas encore né. Ça n'a pas altéré nos rapports, puisque, comme dit le dramaturge, non, pas lui, l'autre : "Et le désir s’accroît quand l’effet se recule...", et puis j'ai eu droit à des photos, à des mails adorables, mais la chose me turlupinait.

Alors je me suis creusé la tête et je me suis souvenu de leurs airs gênés, pas à l'aise, lors de leur unique visite. Ils faisaient de grands gestes comme pour chasser les mouches devant leur visage, ils se mouchaient plus fréquemment que la normale, se tripotaient le nez d'un air ennuyé malgré mes brillantes diatribes. Bizarres.

Le texte suivant leur est dédié.

Au début, je me décapais
Tous les premiers jeudis du mois
C'était une fête, un cadeau
Pour bien savourer les sous-bois
Il faut connaître le fumier
Pour apprécier la propreté
Il faut savoir être crado
C'était une fête, un cadeau !

Refrain :

Il faut frotter, frotter, frotter
Pour enlever la saleté
Oui mais, frotter
Ça fait suer
Alors il faut se relaver
Et tout est à recommencer !

Puis je me suis débarbouillé
Le Dimanche, jour du bon dieu
C'était un devoir, un Crédo
Il ne faut pas être morveux
Dans des habits dominicaux
Pour ronger l'os du pot-au-feu
Je me récurais les naseaux
C'était un devoir, un Crédo !

Puis je me suis lavé les pieds
Le soir avant d'aller au pieu
C'était un supplice un fardeau
Où me menait ce petit jeu ?
N'en faisais-je pas un peu trop ?
La dépendance rend nerveux
J'étais un drogué du bain chaud
C'était un supplice, un fardeau !

Alors j'arrêtai brusquement
Je retrouvai ma liberté
Ce fut la joie, l'Eldorado
Je me suis plus brossé les crocs
Je me suis plus rincé le cul
Mes amis ne sont plus venus
Ma femme est partie au grand trot
Avec un laveur de carreaux

Et mes yeux se sont délavés
Sous les flots de larmes coulés

mardi 21 août 2007

ManouAlbert camus (Le premier homme)






Conversation avec le lieutenant para :

- Tu parles trop bien. Nous allons voir à côté si ta langue sera aussi bien pendue. Allons.

- Bon, mais je veux d’abord vous prévenir car vous n’avez sans doute jamais rencontré d’hommes.

Ecoutez bien. Je vous tiens pour responsable de ce qui va se passer à côté, comme vous dites. Si je ne plie pas, ce ne sera rien. Simplement je vous cracherai à la figure en public le jour où ce sera possible. Mais si je plie et que je m’en sorte, que ce soit dans un an ou dans vingt, je vous tuerai, vous personnellement.

- Soignez-le, dit le lieutenant, c’est un fortiche.


Albert camus (Le premier homme – annexes-)

lundi 20 août 2007

Tant-BourrinMon prochain album (5)

Mon enthousiasme est vite retombé face à l'accueil mitigé que vous avez réservé à la dernière maquette que j'ai réalisée pour mon prochain album. Un accueil à peu près à la hauteur de celui que vous aviez déjà réservé à la première, à la deuxième et à la troisième mouture.

Et vu que le lectorat de Blogborygmes est à peu près représentatif du niveau des gros boeufs des acheteurs potentiels de mon CD, j'ai préféré assurer le coup en passant toutes les prises à la broyeuse et en reprenant tout à zéro.

Le souci, c'est que je me trouvais à nouveau sans producteur. Mais étrangement, cette fois-ci, il n'était pas parti furieux en claquant la porte comme la quinzaine de producteurs que j'avais usés précédemment. Non, celui-là m'avait quitté solidement encadré par deux types en blouse blanche qui étaient venus le chercher pour d'obscures raisons que j'ignore.

Alors, pour le coup, j'ai décidé de me recentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire moi, et de m'autoproduire, considérant que, dans le fond, ça me ferait autant de royalties à ne pas partager on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Et puisque j'étais donc parti à me recentrer sur moi-même, je me suis dit qu'il fallait aller puiser au plus profond de mon âme les matériaux de mes prochains hits, ne pas hésiter à se balader du côté sauvage de la nature humaine pour capter l'attention des sauvages des fins amateurs de musique que vous êtes.

Et comme je suis décidément un bon cheval, je vous offre en exclusivité mondiale la maquette du morceau-phare de mon prochain album. Attention, c'est sombre, c'est déchiré, mais ça déchire grave, non ?




Cliquez sur l'image pour voir la pochette en grand


Tant-Bourrin - Bienvenue chez les bouseux


Saoul-Fifre est un sacré cul-terreux
Quand j'l'ai rencontré, ça puait un peu
Il a eu un rire niaiseux
M'a tendu une main dégueu
Et dit :
Hé mec, bienvenue chez les bouseux !
Ouais cré vingt dieux, bienvenue chez les bouseux !

Le Souf' m'a présenté ses poulettes
D'la volaille qui crie, qui chie, qui pète
Et, de fait, ces sales bêtes
M'ont chié sur les baskets
L'Souf' dit :
Hé mec, bienvenue chez les bouseux !
Ouais cré vingt dieux, bienvenue chez les bouseux !
La basse-cour faisait : gout gout gout gout gout...

Puis j'ai vu Julie, sa grosse cochonne
Souf' m'a dit "fais gaffe, elle fait la trogne"
Elle m'a poursuivi, en rogne
Et m'a mordu les roustones
L'Souf' dit :
Hé mec, bienvenue chez les bouseux !
Ouais cré vingt dieux, bienvenue chez les bouseux !

Irrité par mes cris de douleur
L'bouc de Souf' a eu ses vapeurs
Il a calmé sa fureur
Sur mon pauvre postérieur
L'Souf' dit :
Hé mec, bienvenue chez les bouseux !
Ouais cré vingt dieux, bienvenue chez les bouseux !

Puis Saoul-Fifre m'a invité à boire
Une petite liqueur de son terroir
Ça m'a brûlé les mâchoires
Et après c'est le trou noir
L'Souf' dit :
Hé mec, bienvenue chez les bouseux !
Ouais cré vingt dieux, bienvenue chez les bouseux !
Et le Souf' buvait : glou glou glou glou glou...

(Téléchargeable directement ici)


Mais... hem... j'ai encore un léger doute existentiel, là.

De méchantes langues (pour ne pas dire des langues de travailleuses du sexe) m'ont sournoisement susurré que mon nouveau projet d'album ressemblait très légèrement à ceci...

Mais bon, je ne vais pas me laisser abattre par ces mesquineries fielleuses qui puent la jalousie à des kilomètres à la ronde... S'il fallait s'inquiéter de très très vagues ressemblances avec des petites productions obscures d'artistes amateurs, on n'aurait pas fini d'être traumatisé !

dimanche 19 août 2007

Saoul-FifreComptines pour adultes (12)

Ce n'est pas la première ni la dernière, et les autres comptines pour adultes sont here , par ici , par là , ici là-bas là aussi ici itou tout là-bas même là et clique aussi là-dessus

Pour se rafraîchir la mémoire avec les paroles et l'air originaux, c'est là que ça se passe

Il était un petit saty-re
Il était un petit saty-re
Qui n'était ja-ja-jamais fatigué
Qui n'était ja-ja-jamais fatigué
Allez, allez...

Refrain :
Allez, allez, au boulot
Montre-nous qu't'es pas un rigolo
Allez, allez, p'tit saoulaud
N'aies pas peur de nous en faire en trop !

Il introduit son long zob lar-ge
Il introduit son long zob lar-ge
Dans sa mèr' qui-qui-qui l'faisait téter
Dans sa mèr' qui-qui-qui l'faisait téter
Du lait, du lait...

Refrain

Au bout de 5 à 6 semai-nes
Au bout de 5 à 6 semai-nes
L'envie lui vint-vint-vint d's'émanciper
L'envie lui vint-vint-vint d's'émanciper
Ah mais, ah mais ?

Refrain

On tira z-à la courte bi-te
On tira z-à la courte bi-te
Pour savoir qui-qui le f'rait décharger
Pour savoir qui-qui le f'rait décharger
Allez, allez...

Refrain

Le sort tomba sur la plus chau-de
Le sort tomba sur la plus chau-de
Et son vit fut-fut-fut vite vidé
Et son vit fut-fut-fut vite vidé
Allez, allez...

Refrain

Elle demanda du rab' de sau-ce
Elle demanda du rab' de sau-ce
Et s'jeta sur-sur le garde-manger
Et s'jeta sur-sur le garde-manger
Allez, allez...

Refrain

Ses lèvres le ragaillardi-rent
Ses lèvres le ragaillardi-rent
Et ses gross's couill's-couill's-couill's se remplissaient
Et ses gross's couill's-couill's-couill's se remplissaient
Olé, olé...

Refrain

Il fit ainsi le tour du mon-de
Il fit ainsi le tour du mon-de
Sans débander-der-der ni s'reposer
Sans débander-der-der ni s'reposer
Holalala...

Refrain

Quand on le mit dedans son cer-cueil
Quand on le mit dedans son cer-cueil
Le couvercl'on-cl'on cl'on ne put fermer
Le couvercl'on-cl'on cl'on ne put fermer
Comment qu'on fait ?

Refrain : T'as fait, t'as fait ton boulot
T'arrête de faire ton rigolo
Faut bien qu'on fass' notre boulot
Et que l'on te le coupe au couteau !

samedi 18 août 2007

ManouSlavomir RAWICZ (A marche forcée)






Le poisson séché, déjà sérieusement rationné, ne dura que jusqu'au cinquième jour et devant nous s'étendait toujours un horizon sans nulle trace de vie. Au milieu de cet univers aride il n'y avait de vivant que huit petits atomes humains et quelques rares serpents. Rien n'eût été plus facile que de cesser de bouger, de nous étendre là et de mourir. La tentation de faire durer la pause de midi, de continuer à sommeiller tout au long de l'après-midi brûlant jusqu'à ce que le soleil disparût, taraudait nos carcasses douloureuses et déshydratées. Nous avions les pieds dans un état pitoyable car un sable brûlant traversait l'intérieur des minces semelles de nos mocassins éculés. Alors, d'une voix rauque, je me prenais à dire à mes compagnons de se lever et de repartir. Ici, il n'y a rien, leur répétais-je. Derrière nous, il n'y a rien. Devant, il y a forcément quelque chose. Il faut qu'il y ait quelque chose. Mors, Kristina se levait et venait se ranger à côté de moi, de même que Kolemenos. Puis les autres suivaient, sans ordre. Et chacun se remettait en route tel un automate, tête basse, silencieux, enfermé dans ses pensées, mettant des heures durant un pied devant l'autre.
Le sixième jour, Kristina trébucha et, tombée à genoux, leva les yeux vers moi :
– C'est idiot, Slav : je me suis fait un croche-pied toute seule.
Sans attendre que je l'aide, elle se releva lentement et reprit sa marche à mes côtés. Dans l'après-midi, je fus surpris et vaguement irrité de me retrouver moi aussi à genoux. Je n'avais pas eu conscience de tomber. Je marchais et l'instant d'après j'étais arrêté. A genoux, me dis-je... comme un homme en prière. Je me redressai. Nul n'avait ralenti l'allure. Sans doute avaient-ils à peine remarqué ma chute. Il me sembla mettre très longtemps pour reprendre ma place en tête. D'autres s'effondraient également, comme je le notais de temps en temps. Les jambes se dérobaient, ils se figeaient et quelques secondes de perplexité s'écoulaient avant qu'ils comprissent qu'ils avaient cessé d'avancer. Et ils repartaient. Il n'était pas question de renoncer. C'étaient là les signes d'une faiblesse croissante qui sapait nos forces, mais les reconnaître pour tels eût été fatal. La mort venait en reconnaissance, mais nous n'étions pas encore prêts à mourir.


Slavomir RAWICZ (A marche forcée)


vendredi 17 août 2007

Tant-BourrinHistoire vécue

Samedi 4 aout 2007

- Pfff, enfin de retour chez nous, je suis crevé
- Oui, drôles de vacances ! Ça aura été la première fois de ma vie que j'allume une chaudière début août !
- Bon, bin moi, deux heures de conduite, ça m'a crevé, et j'ai un peu mal au crâne. Je vais m'allonger un peu avant de manger si ça ne te dérange pas.
- C'est vrai que tu as l'air fatigué. Prends peut-être ta température ?
- Mm ? Mouais...

(temps réel trois minutes)

- Hé, mais oui, j'ai de la fièvre : 39°C ! Pas étonnant que je ne me sentais pas bien !
- Tu veux que je fasse venir un docteur ?
- Non, non, laisse, ce n'est rien, un peu de fatigue, c'est tout, ça va passer...


Dimanche 5 août 2007

- Ça va mieux ? T'as pris ta température ce matin ?
- Bof, pareil qu'hier... Et j'ai toujours 39°C...
- Bon, j'appelle un docteur, alors...
- Non, non, ce n'est rien... On va pas faire venir un docteur un dimanche. Et puis, de toute façon, je ne reprends le boulot que mardi, je serai guéri d'ici là...


Lundi 6 août

- Alors, ça s'arrange ?
- 38,4°C ! Tu vois ça baisse ! Même si ce n'est pas encore la grande forme...
- Il faudrait peut-être prendre rendez-vous chez le docteur, non ?
- Non, non, ce n'est rien, ça va passer tout seul, je suis sûr que ça sera fini demain...


Mardi 7 août

- Pfffff, quelle journée ! Je me suis traîné du matin au soir... Dure, la reprise !
- Et t'as pris ta température ?
- 38°C... Ça se tire, ça se tire...
- N'empêche que t'aurais peut-être dû prendre un rendez-vous chez le docteur, non ?
- Meuh non, ce n'est rien du tout...


Mercredi 8 août

- Est-ce que tu pourrais m'acheter des pastilles pour la gorge, ça commence à me piquoter un peu ?
- T'as encore de la fièvre ?
- Presque plus ! Qui c'est qui avait raison ?


Vendredi 10 août

- J'ai vraiment la gorge en feu, là, elle valent rien, tes pastilles...
- Si t'avais pris un rendez-vous chez le docteur, tu serais déjà guéri !
- Mais c'est rien, je te dis, je sens que c'est bientôt fini...


Dimanche 12 août

- On n'avait pas un reste de sirop pour les bronches dans l'armoire à pharmacie ? Parce que là, je le trouve pas...
- T'as les bronches prises maintenant ?
- Meuuuh non, juste un tout petit peu, trois fois...keuf...keuf... rien !
- Si t'avais été voir un docteur, tu n'en serais pas là...
- Rhôôô, mais puisque je te dis que ce n'est rien !


Mardi 14 août

- Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, tu n'as pas arrêté de tousser...
- Ce n'est rien, c'est un peu plus long que prévu, mais je sens que ça se tire...
- Bon, écoute, ça suffit maintenant, je vais appeler le docteur et...
- Non, non, pas question, je te dis que... kof... kof... je me sens beaucoup mieux ! Demain, il n'y paraîtra plus !


Jeudi 16 août

- Ce n'est pas possible ! Tu t'arraches la gorge tellement tu tousses ! T'es en train de faire une bronchite au troisième degré !
- Meuh non !... kof... kof... ce n'est rien, je te dis... Je suis sur la bonne pente... keuf... keuf... la guérison est proche !


Vendredi 17 août

jeudi 16 août 2007

Saoul-FifreJe me souviens

Je me souviens que la maison que mes parents louaient à Hennaya se trouvait à gauche à la sortie du village, sur la route de Tlemcen. J'avais 2 ans quand nous l'avons quittée, mais quand nous y sommes revenus avec ma sœur de 3 ans mon aînée, 20 ans plus tard, c'est moi qui la lui ai montrée. La maison était si grande dans ma mémoire et si riquiqui devant mes yeux de vingtenaire ! Sans avoir changé. Je me souviens que nous nous baignions dans un bassin à droite de l'entrée. Je l'ai retrouvé, caché sous les herbes.

Je me souviens que la même sœur m'installait sur un tabouret, dans la cuisine de l'appartement de Tlemcen, et qu'elle cherchait à me terroriser en me montrant une prise électrique gros modèle, au mur. "Tu vois les 2 trous du dessus ? Ce sont les yeux du monstre. Tu vois le trait dessous ? C'est la bouche du monstre. Elle va s'ouvrir grande, grande, et le monstre va venir te manger !!" C'est la même qui menaçait ses 2 sœurs aînées de leur crever les yeux avec une aiguille à tricoter. Cris aigus. Angoisse. Ambiance gore. Je me souviens qu'elle trouva rapidement sa voie professionnelle : elle est psychologue et redonne la joie et le goût de vivre aux gens tristes. Quand elle y arrive.

Je me souviens que nous collectionnions des cartes à jouer dont les figures étaient des acteurs et des actrices, mais j'ai un trou concernant la marque qui les offrait. Malabar ? Si quelqu'un peut m'aider ? Elles étaient plus ou moins bien imprimées. Nous avions un Eddy Constantine trop rouge, et l'autre, trop rose, très difficiles à échanger avec les copains.

Je me souviens du prestige qui dégoulinait sur moi quand j'emmenais les poteaux dans le bar de mon père et qu'il nous offrait une tournée de menthe à l'eau.

Je me souviens que la famille Marciano habitait dans la même cour que nous et que je m'amusais avec un des fils. Et que sa mère, à l'heure du repas, se penchait au balcon et hurlait : "Daaviiiiiiid ! R'monte tout d'suite ou j'te glisse dans la toooombe !!

Toujours dans la même cour, je me souviens qu'il y avait une drôle de type qui s'était trouvé un job : il montait dans les grandes poubelles et les tassait avec ses chaussures, pour en faire rentrer plus. Et il se donnait le rythme en chantant à tue-tête un truc de sa composition, toujours le même, que je n'oublierai jamais pour l'avoir si souvent entendu : "Il a perdu son parapluie, tant pis pour lui !". Ad libitum.

Je me souviens d'être allé picniquer aux cascades de Tlemcen et d'y avoir touché ma première neige.

Je me souviens de Rashgoun. Mon oncle Claude m'y a fait grimper, sur ce haut-lieu d'un ancien royaume berbère, juché sur ses épaules, tout en me racontant l'histoire de l'aigle et du roitelet. Vue émouvante sur la plage, sur l'île, sur l'horizon, approche de la notion d'infini...

Je me souviens qu'en maternelle, on nous faisait faire la sieste assis à nos bureaux, la tête reposant sur nos bras croisés. Depuis, je peux dormir n'importe où, dans n'importe quelle position.

Je me souviens que le boucher d'Aïn Youssef n'avait que des filles et voulait en donner à ma mère. "J'ai confiance en toi. Tu les emmènes en France et elles te font le ménage, tout...". Ma mère, qui avait déjà 6 enfants, n'était pas trop chaude, alors le boucher abattit l'argument absolu après lequel il n'y aurait plus qu'à tirer l'échelle et faire "tope là" : "J'te donne toutes les cervelles de mouton que tu voudras, mais prends-moi au moins une !". Nous aimions beaucoup la cervelle, et il le savait, le bougre !

En fait, c'est Calune qui m'a donné l'idée de ce billet en m'envoyant l'intégrale de "Je me souviens", de Georges Perec, joué par Sami Frey. Un must. En voici un bout :

On a déjà commis ce genre de billet. et

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