Blogborygmes

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jeudi 21 décembre 2006

Tant-BourrinSmashed potatoes

Si j'avais pu deviner qu'une pépée de ce calibre pénètrerait dans mon agence miteuse ce matin-là, sûr que j'aurais pris une autre posture pour l'accueillir. Mais voilà, mes talents de devin sont à peu près égaux à ma renommée de détective privé : proches de zéro. Et donc je n'avais aucune raison de me conduire différemment des autres jours de la semaine : j'étais à moitié affalé dans mon vieux fauteuil râpé, les pieds sur le bureau, mettant bien en évidence la misère de mes semelles, et je lisais les résultats du base-ball dans le canard en sirotant un peu de gnôle, juste histoire de mettre du carburant dans le moteur pour la journée.

Evidemment, la pose n'était pas flatteuse et aurait eu de quoi faire rebrousser chemin à n'importe quel client pénétrant dans mon agence, qui se résumait à un misérable local de dix mètres carrés poussiéreux et mal éclairé. Mais cela faisait bien trois mois que pas un client n'en avait poussé la porte d'entrée et que je vivais d'expédients : j'avais donc quelques excuses à ne pas être sur mes gardes.

Ah, au fait, je ne me suis pas présenté : mon nom est Rain. Tamboo Rain. Oui, je sais, j'ai un prénom ridicule. Que voulez-vous, à ma naissance, ma mère avait le choix entre me donner beaucoup d'amour ou un prénom grotesque. Que croyez-vous qu'elle a choisi ? Mais bon, je fais avec. Si je n'avais que ça comme blème dans la vie, c'est pas moi qui irais au bureau des réclamations. Mais je n'ai connu que les galères, les rades minables, les cuites, le désespoir et les chaussettes trouées. Et la dernière de mes galères, c'était cette foutue agence de détective privé, Tamboo Rain & Co, que j'avais voulu monter. Le "& Co", entre parenthèses, n'était là que pour donner une illusion d'un gros machin : la seule compagnie que j'avais était celle d'un poster de Marylin Monroe punaisé au mur.

Voilà pourquoi je sursautai quand j'entendis ce matin-là une voix demander : "Monsieur Tamboo Rain ?"

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mercredi 20 décembre 2006

Saoul-FifreC'est plein de p'tites bêtes et ça pue

Allez, un billet, puisque Martine insiste, mais c'est bien parce que c'est Martine, hein ! Je vois qu'il y a débat sur la campagne et je me dois d'intervenir. En photos, ce sera plus expressif.

Voici Beauté, une vieille jument batarde de comtois qui passe ici sa retraite en beauté, et Track, son copain lama, qui ne la quitte pas d'un sabot. Track descend d'une lignée qui remonte à l'Inca en passant par Guy Gilbert, le "prêtre des loubards", qui pratique l'animalothérapie sur ses fidèles voyous.

Tiens, voici Track de face, dédié à Chutney et à sa Chutnette, pour la persuader que je pense beaucoup à elles.

Et voici Black, un magnifique trotteur qui est en pension chez nous, avec permission, et même obligation de le monter, s'il vous plait...

Et pour finir, je trouve que les recherches Google sur "Julie la cochonne" ne sont plus ce qu'elles ont été, et je me permets d'en remettre une couche. Quel charisme, cette Julie ! Elle joue avec l'objectif comme si elle était née pour ça !

mardi 19 décembre 2006

ManouMusique pour Huguette

Donydami a répondu en privé à la requête d'Huguette. Grâce à V je vous fais profiter de la version Woodstock.






Pour la première fois la ville me donne un haut le coeur. Le territoire réduit à peau de chagrin. Le matin le train. Le bureau. A midi la course dans les magasins pour les cadeaux. La FNAC et son peuple infernal.

Plus jeune j'avais peur de voir toujours le même arbre par la fenêtre. Une peur panique. A présent j'aimerais pouvoir rester au même endroit des heures entières. Sans but. Tout poser.

Globalement j'aurais pourtant tort de me plaindre.
Je n'aime pas avoir raison.

lundi 18 décembre 2006

Tant-BourrinAngoisse

Je pense m'en être déjà ouvert ici : un des plus grands regrets de ma vie restera de ne savoir jouer d'aucun instrument de musique (à l'exception du kazoo, mais ce n'est pas vraiment un exploit).

Hélas, tout s'est ligué pour que je ne devienne pas un guitar hero ou un virtuose du piano : pas de musicien dans la famille, une scolarité entière sans le moindre cours de musique (si, si, je vous jure que c'est possible) et puis voilà. J'ai bien essayé de me mettre sur le tard sur la guitare, il y a dix ans environ, en prenant des cours pendant deux ans, sans réellement atteindre tout à fait le niveau de Django Reinhardt. Pour tout dire (la phrase précédente était, vous l'avez pertinemment compris, une douce litote), mes cours se sont arrêtés le jour où mon prof a tenté de se pendre sous mes yeux avec une corde de guitare alors que je massacrais une pièce de Fernando Sor (que ses voisins de cimetière appellent depuis ce jour "la toupie").

Bref, je ne suis pas doué pour la musique et ça me manque.

Alors, vous imaginez bien que l'arrivée des ordinateurs personnels et des bidouillages musicaux qu'ils permettent de faire a été un vrai bonheur pour moi. Certes ça ne remplacera jamais le plaisir de jouer d'un instrument avec ses petits doigts boudinés, mais ça permet au moins de s'y croire cinq minutes en se prenant pour un artiiiiiiiiiiiiiste, celui qui fait son numéroooooo...

Bref, cette longue introduction pour vous dire que j'ai fait mumuse sur mon ordi ce week-end et qu'il n'y a pas de raison que je ne vous le fasse pas subir en fasse pas profiter.

Voilà. Ça s'appelle "Angoisse". C'est un très vieux texte que j'avais écrit quand j'étais ado (hier donc) que j'ai exhumé pour le déclamer sur des bruits que je fais avec ma bouche. Oui, je sais, ce n'est pas vraiment de la musique. Oui, je sais, je me la pète grave sur ce morceau. Et alors ?


Angoisse (Tant-Bourrin)



Un petit morceau guilleret
pour égayer vos soirées de fête !

dimanche 17 décembre 2006

Saoul-FifrePatate frite bouillante

Et une patate, une, rattrapée au vol par mézigue et lancée par Freefounette, qui, je tiens à lui faire un peu de pub, a pondu récemment un billet passionnant . Sur le même sujet, vous pouvez aussi aller vous délecter de la nouvelle (fortement autobiographique, j'imagine ?) que Nathalie a mis en ligne

7 choses à faire avant de mourir :

- Vivre intensément

- Apprivoiser l'idée de la mort

- Ne jamais dire "jamais".

- Regarder vers le haut.

- Apprendre jusqu'à son dernier souffle.

- Ne pas réfléchir avant de dire une connerie.

- Avaler cul-sec le verre de ciguë.

7 choses que vous faites bien :

- Dire du bien de moi-même.

- Faire péter les plombs à ma fille de 13 ans.

- Oublier la date anniversaire de mon mariage.

- Ranger mon bureau : Pomme-A et puis Pomme-Suppr.

- Le couscous cochon

- Les Sudokus "débutants"

- Tenir la sangria.

7 choses que vous ne savez/voulez pas faire :

- Répondre aux chaînes.

- M'en tenir à ma première décision.

- Jouer à la pétanque avec un tank dans les calanques

- Mourir avant que ma femme soit veuve.

- Faire une roulade sur un tuyau couvert d'huile à 10 mètres du sol.

- Manger du ketchup en Irak

- Défendre mes enfants si ils sont en tort.

7 choses qui vous attirent chez le sexe opposé :

- Le genou droit.

- Le genou gauche.

- Les phéromones qu'elles pulvérisent à grosses giclées tout autour d'elles.

- Leurs souvenirs salaces du service militaire.

- Les maillots une pièce en kevlar

- Leur fou rire quand je tombe dans l'escalier

- Les bosses, là, sous le pull, je sais plus comment ça s'appelle...

7 choses que vous dites souvent :

- Salut !

- Comment tu vas ?

- Non ?

- J'le crois pas !

- Y' en a, j'vous jure ?

- Tu vas pas laisser passer ça comme ça, j'espère ?

- T'es con. T'es trop gentille.

7 béguins pour des personnalités

- Didier Super

- La Germaine (sacrée personnalité, la Germaine !)

- Marine Le Pen (mais j'aime le riz et elle préfère les nouilles, alors ça marchera jamais...)

- Audrey t'ôtes tout.

- Le groupe Tryo (hé hé, je me suis bien démerdé, sur ce coup là...)

7 Bloggeurs à qui je refile le jeu :

Ha moi je suis pas comme des que je connais : je la refile à personne, ma patate brûlante, je me la pèle et je me la mange. En soufflant dessus.

samedi 16 décembre 2006

ManouJ'vous en pose des questions ?


C’est le week-end. Une tortueuse association d’idées me permit à nouveau de coincer une révélation : « Il est temps de faire bosser tous ces mécréants ». En cerise sur le gâteau, un vrai cadeau à gagner. L’objet magique que je tiens en ce moment dans ma main droite sera à vous si vous répondez de façon correcte aux questions suivantes. Pour vous rassurer je précise que je ne me tâte pas pendant les heures ouvrables sans raison(s) valable(s).

Sachez également que je ne répondrai à vos coms ni n’effectuerai le dépouillement avant dimanche soir (et encore, si affinités). Une retraite monastique s’avère indispensable. Une retraite où je pourrai seulement boire, manger, rire, embrasser mon prochain, taper des pieds, marcher sur les mains, faire le grand écart facial sans changer de pantalon tout en plaquant complètement la face avant de mon corps contre le sol. Rien de plus. Si ce n'est le droit de méditer sur « Je chante la Marseillaise ».

1. Ami(e) blogueur(se), respire tes aisselles et dis-nous franchement si elles sentent ?
2. Si elles ne sentent pas, répète la même opération avec ton entre-jambe et réponds tout aussi franchement. Si elles sentent, finis ce questionnaire les bras écartés.
3. Petit(e) scarabée, l’Aigle plane au-dessus de toi. Il te faut trouver une façon d’éviter son bec avide.
4. Avec tes yeux de pâtre grec, ne vois-tu rien venir ?
5. Coyote des plaines fertiles, devant toi s’étend l’immensité d’un centre commercial. Vers quel rayon te diriges-tu en premier ?
6. Pauvre halluciné(e) inconscient(e), je t’avais pourtant prévenu(e). Voter Le Peigne t’abîme la raie. Réfléchis bien une dernière fois. Quel bulletin mettras-tu dans l’urne ?
7. Bricoleur(se) du dimanche, combien de flacons de Tipp-Ex (sponsor de ce blog) sont nécessaires pour repeindre ton immonde cuisine ?
8. Fléau biblique, Prends un Kleenex et confesse-nous une action dont tu n’es pas fièr(e).
9. Infâme cloporte, tu es sommé(e) de détailler la dernière pensée lubrique qui t’est venue à l’esprit.
10. Bel(le) andalou(se), j’ai récemment perdu mes castagnettes. Pourrais-tu m’en prêter une paire silencieuse ?

vendredi 15 décembre 2006

Tant-BourrinLa très aventureuse vie du Chevalier de Tant-Bourrin et de son écuyer Saoul-Fifre (Chapitre XI)

(lecture préalable des chapitres I, II, III, IV, V, VI, VII, VIII, IX et X conseillée - Test de connaissances optionnel)

Où le Chevalier de Tant-Bourrin se met en location

XIIIème siècle après Jésus-Christ - Quelque part dans le Royaume de France

L'étrange équipage cheminait sur le chemin glacé d'un mois de décembre médiéval plutôt frais pour la saison.

En tête, sur son blanc destrier, le Chevalier de Tant-Bourrin, l'aura en berne et son idéal Chevaleresque au fond des chaussettes, tout déconfit par ses précédents avatars, cheminait, l'oeil impassible. Derrière, sur sa bourrique miteuse, trottinait son écuyer Saoul-Fifre, enfin débarrassé de son aura de mouches par la grâce de l'hiver, mais qui ne profitait pas pour autant du paysage enfin à ses yeux dévoilé, préférant finir de cuver son vin en ronflant avec ardeur après avoir mis sa bourrique miteuse sur pilote automatique.

Le sommeil de ce dernier fut toutefois troublé par une mouche résiduelle plus résistante que les autres qui crut pertinent d'aller se blottir au chaud dans la narine de l'écuyer. La pauvre bête (la mouche, pas Saoul-Fifre) mourut sur le champ, assommée par les vapeurs d'alcool qui s'en exhalaient, mais le chatouillis dans ses naseaux eut pour effet de réveiller l'écuyer en le faisant bruyamment éternuer.

- Aaa... aaaatchiiii ! Pouacre ! La malepeste estoit de cesteulx foutus insectes grattoit-tarins !

Le Chevalier de Tant-Bourrin, de son côté, ne disait rien. A y regarder de plus près, il semblait encore plus abattu que de coutume : son teint était blafard, son regard se perdait dans le vide, sa mâchoire restait serrée et il poussait de temps à autre des soupirs à fendre l'âme, soupirs tellement sonores que même son soûlard d'écuyer finit par les entendre.

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