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lundi 10 mars 2008

LorentMontréal (2)

J'avais des projets pour ce matin, désherber à minima et tailler deux trois trucs, balader l'adipocyte hivernal en vélo pour mieux l'abandonner dans un bois sombre, et touffu.

Il pleut.

Démotivation.

Clavier, prochain billet en avance pour une fois. Montréal nous revoilà.

Montréal au matin, c'est comme la veille au soir. Froid, surtout à 7h, quand réveillé depuis longtemps grâce au décalage spatio-temporel tu décides d'aller voir dehors ce qui s'y passe. Premier constat, la mode vestimentaire est à l'opposé de celle de mon sud est, et j'éveille la curiosité habillé en varois tempéré. J'hésite à fabriquer une pancarte "british airways victim", mais l'heure du petit déj est déjà là. Et le petit déj dans les B&B locaux, tu rates sous aucun prétexte. C'est l'occasion de goinfrer, et de jaser avec les hôtes et autres occupants des lieux. Ok, des fois, tu tombes sur des touristes français qui te font comprendre notre détestable réputation et c'est moins drôle. Coté nourriture, généralement, après deux kilos cinq de mets variés, on te demande si une petite omelette baveuse et fromagée te ferait plaisir, blurp.

Le problème du repas de midi résolu dès 8h du matin, tu accueilles ta valise égarée avec l'enthousiasme d'un sexosécurophiliste découvrant le saint Graal.


Enfin muni de ta tuque et de ses compléments, ...


... tu repars à l'assaut des rues de la deuxième plus importante ville francophone au monde. Premier constat, pour se perdre, faut y mettre de la bonne volonté : les avenues larges et rectilignes, ça simplifie. Deuxième constat, ici aussi, y a des types aux feux rouges pour nettoyer ton pare-brise. J'espère que ça paye bien, squeegee à Montréal, vu la caillante, ça le mériterait.

Si vous cherchez les plus belles filles du monde, bingo, elles sont ici, et elles sont justement en train de se faire tatouer le bas des reins, bien en vue dans la vitrine des tatoueurs.

Montréal, c'est une île, alors tu files voir le fleuve de plus près. Quand t'as vu le Saint-Laurent une fois, d'abord tu tombes assis sur le cul et tu rigoles jaune quand ensuite on te parle des "fleuves" français. Le fleuve est en grande partie gelé, et d'énormes blocs de glace s'accumulent près des rives. Y a même un port qui n'a plus rien à voir avec l'embarcadère que fréquentaient les trappeurs d'il y a bien des hivers.


Montréal, ça vient de mont royal, allons voir son sommet de plus près, histoire d'avoir une vue d'ensemble de la ville. Dans mon panthéon personnel, elle vaut celle de la rade de Toulon depuis le Faron, exceptionnelle. Ce truc bizarre au loin comme une tasse renversée avec une drole de queue c'est le stade olympique des jeux d'été 1976.


Une des fiertés de la ville et son plus grand cauchemar vu son coût : vingt années pour l'achever, trente années pour en boucler le financement. Et des rustines à coller en permanence. La nationalité de son architecte ? Devinez... Aujourd'hui, c'est un biodôme : la reconstitution sous cloche des différents climats locaux. Ce grand truc métallique qui enjambe le fleuve, c'est le pont Jacques Cartier, à éviter absolument aux heures de pointe.


On redescend ? Tellement bien descendu qu'on arrive en sous-sol, un truc immense, la plus grande galerie souterraine commerçante que j'ai jamais fréquentée, des kilomètres à parcourir sous la ville, fuyons.....

samedi 8 mars 2008

AndiamoLa mare aux grenouilles

Près du stade des Italiens, dont au sujet duquel j'vous ai déjà causé (j'ai dû être prof de Français dans une autre vie), donc près de ce stade, courait un genre de ru, que l'on nommait : "la mare aux grenouilles". Des grenouilles, curieusement, je n'en ai jamais vues, dans ce ruisseau large d'environ un mètre ou un mètre cinquante, bordé d'aulnes et de joncs.

Par contre, il grouillait littéralement de tritons, tu sais ces "lézards aquatiques", bruns, le ventre un peu jaune, parsemé de petites taches noires.

Et puis aussi des épinoches, ces jolis poissons, magnifiques au moment du frai, les mâles deviennent rouges sous le ventre, un peu verts sur le dessus.

Parfois, le jeudi après-midi, on s'y rendait, vingt minutes à pieds en ne traînant pas trop.

Le matin, on s'était mis d'accord : "Bon, c't'aprèm, on va à la mare aux grenouilles"... Ouais !

Alors on confectionnait les épuisettes dans la cave paternelle, on y était peinards ! Ma mère me fichait une paix royale, une tite engueulade quand je passais les bornes, une tite beigne quand je franchissais les limites, mais pas plus... Normal quoi !

Dans cette cave, des trésors : outillage, fil de fer, clous, vis, ficelle, piquets servant pour les pieds de tomates, etc... Vachement heureux le Papa quand, en rentrant le soir, il retrouvait tout ça pêle-mêle dans le jardin !

Pour fabriquer une épuisette, ça n'est pas compliqué : un fil de fer assez rigide, roulé en cercle, vingt centimètres de diamètre environ, laisser dépasser les deux extrémités, une fois le cercle terminé, demander un vieux bas à Maman, puis le coudre autour du cercle, ligoter soigneusement avec de la ficelle les deux extrémités sur un piquet de "tomatier" (quand ma petite fille avait trois ans, elle appelait ainsi les pieds de tomates), et voilà une magnifique épuisette !

Le déjeûner avalé vite fait : la rue, coup de sifflet voyou pour appeler les copains... Ma mère avait cela en horreur, qu'est-ce- que je me suis fait engueuler ! Et nous voilà partis.

Imagine le tableau, les têtards, neuf ou dix ans, épuisettes sur l'épaule, culottes courtes découvrant nos genoux cagneux, chaussettes tire-bouchonnées, une boîte de conserve à la main ou un bocal, dans l'espoir de rapporter nos proies vivantes à la maison. Lance-pierres en poche, pas trop pour les piafs, mais les lampadaires...

Quelle joie, quand après avoir soigneusement visé une grosse ampoule, pendue tout en haut d'un lumignon, caoutchoucs tendus à mort, tu lâches le barnum et, avec un peu d'bol, PLOUTCH ! L'ampoule se volatilise, OUAHH... Se barrer vite fait, si par malheur "un vieux" sortait de chez lui... Mais va rattraper un gamin de dix ans à la course !

Les lance-pierres, j'aimais bien les fabriquer, une jolie fourche prélevée dans un arbre, ce qui se présentait, pour les élastiques : une vieille chambre à air de vélo, ou bien des élastiques de bocaux à conserves, tu sais, les rouges qui assurent l'étanchéité.

Ma mère faisait des conserves, comme beaucoup à l'époque, haricots verts, petits pois, pêches, abricots... Tout ça poussait dans les jardins : l'été, ma mère n'achetait pratiquement pas de légumes.

Revenons à notre lance-pierres. Pour se procurer le petit morceau de cuir destiné à recueillir les projectiles, un truc terrible : Les languettes des galoches, le rectangle de cuir destiné à assurer l'étanchéité des chaussures, juste sous les lacets, on coupait une languette, parfois les deux, ça servait pour un copain, quand en nettoyant mes pompes ma Mère découvrait le massacre... Aîe,aïe, aïe, la volée, pas volée (j'ose... OUI). Mes mômes n'en ont pas fait la moitié, quand ma mère leur racontait ça : la honte...

On arrivait au bord de la mare, aussitôt on observait la surface, et dès qu'un triton pointait son museau pour venir aspirer sa goulée d'air frais, très vite on plongeait l'épuisette, afin de remonter victorieusement notre prise ! Nous en attrapions pas mal, les gamelles et bocaux grouillaient bientôt de bestioles.

Un jour, il faisait gris et pas bien chaud, il avait plu, un de mes copains, Michel que l'on appelait "biglousse" tout ça biscotte il avait un oeil qui cuisait le poisson, et l'autre : "Attention le chat" ! Les mômes sont cruels parfois... Enfin toujours est-il qu'il glisse, après s'être un peu trop penché. Plouf à la baille ! Ça n'était pas très profond, il avait de la flotte jusqu'à la ceinture (dans la mare aux grenouilles, il aurait pu avoir de l'eau jusqu'aux... Je sais) enfin pas de quoi appeler le SAMU.

On le tire par les bras, il sort de la flotte en claquant des dents, tu penses il caillait vilain, il chialait, non pas qu'il s'était fait mal, mais en prévision du festival de claques dans la gueule que son paternel n'allait pas manquer de lui coller en rentrant !

Eh bien notre premier réflexe a été de lui fouiller les vagues, histoire de regarder si, par bonheur, dans sa chute, il avait ramassé des tritons !

Il s'en est bien remis, je l'ai revu souvent, c'est devenu un grand gaillard, père de famille, le bain forcé ne lui avait même pas gâté les coucougnettes !

Sur le chemin du retour, nous comptions les prises : j'en ai onze ! moi quatorze ! mate le gros, vachement balèze. Tout fier je montrais ma pêche à ma mère, petite moue dégoutée : "laisse ça dehors, j'en veux pas à la maison", alors je posais le bocal sur une étagère à la cave, le lendemain matin, les pauvres bestioles avaient toutes le ventre en l'air ! On n'était pas trop écolos à l'époque.

Et puis, une année, il a fallu que j'aille au "caté", ah la vache ! Tu penses, mes potes, pas trop "curetons", ils n'y allaient pas, EUX ! Moi, ça me faisait tartir, j'gueulais quand, à deux heures, je devais quitter mes jeux, les potes, pour aller à pinces à l'autre bout de Drancy écouter la bonne parole.

Un jeudi, alors qu'il faisait un temps magnifique, mes copains décidèrent d'aller à la mare aux grenouilles : "Allez viens, laisse ton cureton", moi vachement emballé par les choses mystiques, missel sous le bras, me voilà parti pour la pêche miraculeuse.

Après tout, je ne faisais que vérifier in situ si le miracle pouvait se reproduire !

Je rentre à l'heure habituelle à la maison : comité d'accueil...

- T'étais où ? interroge ma mère.

- Ben au caté, tiens !

La beigne ! Menteur ta soeur ne t'y a pas vu.

Ah merde, la frangine (quinze mois de plus que moi) finissait son cours quand le mien commençait et, ne m'ayant pas vu, elle s'était inquiétée. Elle aurait su que je faisais "la bleue", je pense qu'elle n'aurait rien dit, solidarité de la fratrie !

Eh bien tu vas aller t'excuser, déclare l'inflexible. Nous voilà partis, moi traînant les pieds, comme t'imagines. On arrive, le curé nous accueille, un brave Auvergnat, gentil, pas chiant, qui faisait ce qu'il pouvait avec sa vingtaine de turbulents du jeudi !

Evidemment, il a un peu froncé les sourcils, mais je crois qu'à peine les talons tournés, il a dû se marrer ! Quant à moi, cette petite leçon m'a dissuadé de faire à nouveau "la bleue".

Il m'arrive encore de passer devant ce qui était un endroit fabuleux pour des mômes, j'ai un copain qui habite dans le coin, et j'assure qu'à chaque fois il y a comme une boule qui monte dans ma gorge en voyant "LE TAS DE MERDE" - et il n'y a pas d'autre appellation pour ce qui a été construit au lieu et place.

Il faut loger les gens, certes, mais tout de même ce sont les plus modestes que l'on "remise" dans ces horreurs, ça ne suffit pas d'être pauvre, en plus il faut ajouter la promiscuité, supporter la laideur.

Je me remémore ce qui était et je me dis que nous avons eu la chance de pouvoir vivre une enfance comme celle-là, nous n'avions pas beaucoup de jouets, vraiment très peu, pas de Ninten-machin-chose, ni de game-truc-bazar, pas davantage de télé, mais les copains, les tritons, les lance-pierres et la rue, ça remplaçait avantageusement.


Dessin Andiamo 2008

jeudi 6 mars 2008

Saoul-FifreChanson française mon cul

On ricane des universitaires. On dit que, sortis de leurs parties de jambes en l'air avec les secrétaires, ils n'en fichent pas une rame, on se gausse... Bon , les secrétaires ne s'en plaignent pas, c'est déjà un point positif, alors ne voyons pas toujours le mauvais côté des choses !

Toujours est-il que l'autre jour, je suis tombé par hasard sur un article d'une revue universitaire qui m'a fait bien plaisir, et je ne résiste pas à l'envie de vous en faire profiter. Le postulat est simple : tous nos grands interprètes, compositeurs, auteurs, nous viennent de l'étranger. Tout se passe comme si la chanson était le médium idéal pour exprimer son arrachement au sol natal. La souffrance qui en résulte serait particulièrement créatiogène, sans parler des souvenirs joyeux issus de la terre-mère dont on ressent l'expression nécessaire pour évacuer ce blues de l'abandon.

Bon. Les rares "bons français" qui ne sont pas sur cette liste sont partis également de leur Landerno initial pour se retrouver paumés dans la mégalopole incontournable à tous les artistes potentiels. Vous pourrez vous amuser à les énumérer.

Voici toujours le résultat simplifié du boulot phénoménal de ce monsieur Yves Borowice (un nom pas d'ici, encore), mais je vous incite à lire tout le .PDF .

ITALIE

Salvatore Adamo, Akhenaton (de IAM), Amiati, Tina Arena, Raymond Asso (?, p), Claude Barzotti, Bénabar, Jean Bertola (?), Henri Betti (c), Frida Boccara, Guy Bontempelli, Georges Brassens, Carla Bruni, Francis Cabrel, Calogero, Maria Candido, Patricia Carli, Fred Chichin (c, des Rita Mitsouko), Christophe, Richard Cocciante (c), Pia Colombo, Henri Crolla (c), Dalida, Elsa, Giani Esposito, Lara Fabian, Léo Ferré, Nino Ferrer, Claude François, Frédéric François, Helno (des Négresses Vertes), Emile et Vincent Isola (?, p), Rina Ketty, Lino Leonardi (c), Louiguy (c), Mama Béa Tekielski, Jeanne Mas, Fred Mella (des Compagnons de la Chanson), Yves Montand, Monique Morelli (?), Claude Nougaro, Herbert Pagani, Patrice et Mario, Serge Reggiani, Dick Rivers, Sanseverino, Vincent Scotto, Hélène Ségara, Francesca Solleville, Tatou (des Massilia Sound System), Caterina Valente...

ESPAGNE

Manu Chao, Marc Chevalier (p), Leny Escudero, Nilda Fernández, Julio Iglesias, René-Louis Lafforgue, Gloria Lasso, Louiguy (c), Luis Mariano, Marie-José, Jeanne Mas, Raquel Meller, Nina Morato (?), Joseph Oller (p), José Padilla (c), Pierre Rapsat, Michel Rivgauche (a), Etienne Roda-Gil (a), Olivia Ruiz, Georges Ulmer, Serge Utgé-Royo, Caterina Valente...

PORTUGAL

Linda de Suza, Kool Shen (de NTM), Lio, Marie Myriam, Helena Noguerra, Catherine Ribeiro...

GRÈCE

Georges Garvarentz (c), Georges Guétary, François Hadji-Lazaro (des Garçons Bouchers et de Pigalle), Léo Missir (c, p), Nana Mouskouri, Georges Moustaki, Pierre Papadiamandis (c), Nikos Papatakis (p), Demis Roussos, Pierre Saka (a), Théo Sarapo, Nicola Sirkis (d’Indochine), Yani Spanos (c)...

MONACO

Léo Ferré

ROYAUME-UNI

Richard Anthony, Boris Bergman (a), Jane Birkin, Petula Clark, Nilson Fysher (p), Harry Fragson, Maxime Le Forestier, Mireille, Jeanne Moreau, Jehan Rictus...

PAYS-BAS

Dick Annegarn, Dave, Géo Koger (?, a), Félix Marten, Anne Vanderlove, Ophélie Winter...

BELGIQUE

Salvatore Adamo, Arno, Claude Barzotti, Julos Beaucarne, Plastic Bertrand, André Bialek, Jeff Bodart, Jacques Brel, Elyane Célis, Annie Cordy, Pierre Degeyter (c), Giani Esposito, Lara Fabian, Frédéric François, Yvonne George, Johnny Hallyday, Jacques Higelin, Esther Lekain, Lio, Paul Louka, Philippe Lafontaine, Marceau (c), Maurane, Helena Noguerra, Pierre Rapsat, Axelle Red, Régine, Django Reinhardt (c), Eric Robrecht (c), Claude Semal, Nicola Sirkis (d’Indochine)...

ALLEMAGNE

Eva Busch, Jacques Canetti (p), Norbert Glanzberg (c), Patricia Kaas, Joseph Kosma (c), Jean Lenoir ( ?, a, c), Rolf Marbot (p, c), Léo Marjane, Félix Marten, Frédérik Mey, Marianne Oswald, Yvan Rebroff...

AUTRICHE

Fred Freed (c), Emile Jaque-Dalcroze (a, c), Henri Himmel (c, p)...

SUISSE

Pascal Auberson, Michel Bühler, Henri Christiné (a, c, p), Henri Dès, Pierre Dudan, Stephan Eicher, Gilles-Jean Villard, Johnny Hess, Emile Jaque-Dalcroze (a, c), Patrick Juvet, Sarcloret, Michel Simon, Michel Vaucaire (a)...

DANEMARK

Joëlle Mogensen (d’Il Était Une Fois), Georges Ulmer

SUÈDE

Fred Chichin (c, des Rita Mitsouko)

POLOGNE

Michel Berger (?), André Bialek, Mike Brant, Marie Dubas, Norbert Glanzberg (c), Jean-Jacques Goldman, Maria Krysinska (c), Mama Béa Tekielski, Mireille, Montéhus (?), Lucien Morisse (p), Marianne Oswald, M. Pokora, Anna Prucnal, Régine, Catherine Ringer (des Rita Mitsouko), Mort Shuman, Rika Zaraï...

ROUMANIE

Henri Garat, Mitty Goldin (p), Joël Holmès, Renée Lebas, Léon Raiter (c, p), Alexandre Siniavine (c), Emil Stern (c), Pierre Vassiliu...

HONGRIE

Clarika, Joe Dassin, Pierre Grosz (a), Michel Jonasz, Joseph Kosma (c)...

BULGARIE

Jacques Canetti (p), Sylvie Vartan...

LETTONIE

Francis Lemarque

RUSSIE / EX URSS

Barbara, Cyrus Bassiak (Rezvani, a), Boris Bergman (a), Agnès Capri, Carlos, Sacha Distel, Pierre Dudan, Michel Emer (a, c), Enzo Enzo, Jean Ferrat, Marc Fontenoy (a, c), Serge Gainsbourg, Marc Heyral (c), Jacques Lanzmann (a), David McNeil, Anna Marly (c), Armand Mestral, Léo Poll (c, p), Michel Polnareff, Yvan Rebroff, Alexandre Siniavine (c), Wal-Berg (c , p), Rika Zaraï...

ÉGYPTE

Richard Anthony, Guy Béart, Reda Caire, Louis Chedid, Dalida, Claude François, Georges Guétary, -M-, Georges Moustaki, Demis Roussos...

TURQUIE

Richard Anthony, Pierre Barouh (a, p), Sacha Distel, Nilson Fysher (p), Paul Misraki (c), Dario Moreno, Pierre Papadiamandis (c), Ray Ventura (c, p), WalBerg (c, p)...

LIBAN

Bob Azzam, Guy Béart, Louis Chedid, K-Maro, Francis Lalanne, -M-, Gabriel Yacoub (de Malicorne)...

SYRIE

Joëlle Mogensen (d’Il Était Une Fois)

CHYPRE

Diam’s

ISRAÊL

Mike Brant, Nourith, Rika Zaraï...

IRAN

Cyrus Bassiak (Rezvani, a)

ARMÉNIE

Coco Aslan, Charles Aznavour, Patrick Fiori, Danyel Gérard, Jacques Hélian, Hélène Ségara, Henri Tachan...

ALGÉRIE

EUROPÉENS

Jack Arel (c, p), Louis Bertignac, Patrick Bruel, Eugénie Buffet, Carlès (a), Etienne Daho, Dickson, Dufleuve, Liane Foly, Imhotep (c, d’IAM), Emile et Vincent Isola (p), Enrico Macias, Marie-José, Eddy Marnay (a), Jean-Pax Méfret, Polaire, Pierre Ribert (p), Georges Tabet, François Valéry, Varel, Christian Vebel (a)...

ARABES / KABYLES

Djamel Allam, Hakim et Mustapha Amokrane (de Zebda), Chimène Badi, Rachid Bahri, Alain Bashung (?), Amel Bent, Lili Boniche, Cheb Mami, Magyd Cherfi (de Zebda), Dikès, Faudel, Freeman (d’IAM), Juliette, K-mel (d’Alliance Etnhik), Karim Kacel, Khaled, Mouloudji, Nâdiya, Ridan, Rim’k (de 113), Rachid Taha... Je rajoute Isabelle Adjani et Idir ?

MAROC

EUROPÉENS

Frida Boccara, Alain de Ricou (p), Sapho, Alain Souchon...

ARABES / BERBÈRES

Amel Bent, Wallen...

TUNISIE

EUROPÉENS

Dany Brillant, Famille Marouani (p)...

ARABES

Amina, Lââm...

BÉNIN

Angélique Kidjo

CAMEROUN

Antoine, Francis Bebey, Manu Dibango (c, p), Ménélik, Yannick Noah, Princess Erika...

CAP VERT

Stomy Bugsy

CONGO

Abd al Malik, Passi, Zao...

CÔTE D'IVOIRE

Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, John William...

GABON

Pierre Akendengue

MADAGASCAR

Antoine, Faf Larage, Shurik’n (d’IAM)

MALI

Salif Keïta, Mokobe (de 113), Christian Olivier (des Têtes Raides)...

RWANDA

Corneille

SÉNÉGAL

Disiz La Peste, Youssou N’Dour, Tété...

TCHAD

MC Solaar

QUÉBEC / CANADA

Aglaé, Beau Dommage, Isabelle Boulay, Robert Charlebois, Corneille, Richard Desjardins, Céline Dion, Diane Dufresne, Lara Fabian, Mylène Farmer, JeanPierre Ferland, Louise Forestier, Garou, Pauline Julien, Plume Latraverse, Daniel Lavoie, Félix Leclerc, Lynda Lemay, Claude Léveillée, Raymond Lévesque, Luc Plamondon (a), Ginette Reno, Michel Rivard (c), Natasha Saint-Pier, Fabienne Thibault, Gilles Vigneault, Roch Voisine...

ETATS-UNIS

Joséphine Baker, Eddie Constantine, Joe Dassin, Frank Gérald (a), Nancy Holloway, John Littleton, Long Chris (a), David McNeil, Joëlle Mogensen (d’Il Était Une Fois), Teri Moïse, William Sheller, Mort Shuman...

GUADELOUPE

AP (de 113), Julien Clerc, Doc Gynéco, Laurent Voulzy, Zouk Machine (Joëlle Ursull, Christiane Obydol, Dominique Zorobabel)...

MARTINIQUE

Jocelyne Béroard (de Kassav), La Compagnie Créole, Philippe Lavil, Malavoi, Dédé Saint-Prix, Joey Starr (de NTM), Stellio (c, p), Tété...

GUYANE

Henri Salvador

HAÎTI

Manno Charlemagne, Teri Moïse

MEXIQUE

Dario Moreno

PÉROU / ARGENTINE

Francis Lopez (c)

BRÉSIL

Danyel Gérard, Philippe-Gérard (c)...

URUGUAY

Francis Lalanne, Elli Medeiros

COLOMBIE

Yuri Buenaventura

VIETNAM

Eric Charden, Richard Cocciante (c), Chantal Goya...

INDONÉSIE

Anggun

LA RÉUNION

Faf Larage, Gérald de Palmas, Évariste Parny, Shurik’n (d’IAM), Tonton David...

NOUVELLE-CALÉDONIE

Francis Carco (a)

AUSTRALIE

Tina Arena

NOUVELLE-ZÉLANDE

Graeme Allwright

Et comme j'entre-aperçois gros comme une maison que Tant-Bourrin est en train de me concocter un commentaire vachard comme quoi je continue à faire rédiger mes billets par d'autres, que je n'ai rien perdu des habitudes esclavagistes de mes ancêtres, en quelque sorte, je me suis fait une douce violence et me suis fendu d'un pastiche sur le sujet et sur la musique du "Métèque".

Toi content, bwana ?



Avec vos gueules de métèques
De différents, de plutôt tchèques
Et vos cheveux vous poursuivant
Avec vos yeux où était gravé
L'espoir d'un jour y arriver,
De vous hisser au firmament
Avec vos mains d'ensorceleurs
Sur un piano, vos doigts joueurs
Qui ont troussé tant de quatrains
Avec vos bouches aux cris nus
Où nous vous avons reconnu
Quand de talents nous eûmes faim.

Avec vos gueules de métèques
De pèlerins, d'à peu près grecs
En exode, en fuite, immigrants
Vous êt's dans le collimateur
De nos énarques prédateurs
Des minus qui se croient géants
Un Hortefeux de l'après-guerre
Voyant Kosma à la frontière
L'a laissé venir de Hongrie
C'est bien mais ce con de douanier,
Du mêm' pays a fait rentrer
Le père du petit Sarkozy.

Cachez vos gueules de métèques
Vos yeux seront plus jamais secs
Avec l'immigration choisie.
La loi se martiale et elle s'arme,
Se cache, peureuse et se ferme
La porte derrièr' Sarkozy.
Ce dont il a bénéficié
Il le refuse à des foyers
Autrement méritants que lui.
Que va devenir la chanson ?
Se retrouver en caleçon
Sans ces immigrés de génie ?

mardi 4 mars 2008

ManouUn glacier en cinq étapes






Recette ancestrale pakistanaise trouvée dans « Courrier International n° 904 ». Source « New Scientist ».

1 - Sélectionner un site à plus de 4500 d’altitude, orienté au nord-ouest et entouré de falaises abruptes. Dans l’idéal, il sera rocailleux, avec de la glace prise au piège entre de petits rochers de 25 cm de diamètre.

2 - Prendre 300 kilos de glace « femelles » (blanche, propre et issue de la neige) et l’empiler sur de la glace « mâle » contenant de la terre et des pierres.

3 - Placer des gourdes d’eau dans les interstices. Elles éclateront au fur et à mesure que le glacier grossira. En gelant, leur contenu cimentera la glace.

4 – Recouvrir de charbon, de sciure, de balle de blé, de coques de noix ou de morceaux de tissu pour isoler le nouveau glacier et le laisser reposer pendant environ quatre hivers.

5 – A chaque saison, l’eau de fonte restera piégée dans le glacier et regèlera, venant ainsi grossir ce dernier. Le glacier naissant finira par descendre lentement la pente, comme le ferait un glacier naturel.

dimanche 2 mars 2008

Tant-BourrinProduits dérivés (3)

Nous vous avions présenté tantôt, dans ce billet et dans celui-là, le fruit de nos travaux de recherche dans le cadre de notre politique de diversification.

Certains s'imaginaient peut-être que, forts de nos premiers succès fulgurants (deux tubes de Blogbodents vendus et une boîte de Tabafeuque volée chez un pharmacien), nous nous étions endormis sur nos lauriers.

Eh bien, il est grand temps de vous détromper : pendant que vous vous imaginiez que nous passions nos journées à glandouiller ou à pondre d'insignifiants petits billets rigolos pour amuser la galerie, nos plus brillants chercheurs, réunis dans un bunker souterrain gardé par des centaines d'hommes en armes, travaillaient d'arrache-pied à la mise au point de nouveaux produits dérivés visant à accroître le bien-être collectif (et visant accessoirement à créer de la valeur pour booster notre EBITDA et permettre aux actionnaires de Blogbo S.A. Inc. Ltd de s'en mettre encore plus dans les fouilles).

Nous avons cette fois-ci visé le créneau particulièrement porteur des produits cosmétiques et produits de soins corporels.

Nous sommes donc particulièrement fiers de vous présenter les produits suivants, que vous trouverez très prochainement en vente dans les boutiques spécialisées.

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vendredi 29 février 2008

LorentMontréal

J'aime pas les villes, c'est physique. Ça pique les yeux, ça sent bizarre, les villes c'est plein de gens dedans, et les gens j'en vois trop, alors souvent, j'ai du mal.

Ou plutôt si, j'adore les villes, mais pas y vivre, y passer en coup de vent, visiter son histoire, y chercher l'idée que je m'en étais faite, ne pas la trouver, découvrir autre chose, et rencontrer des humains.

Et y a des villes dont tu tombes amoureux, sitôt tes pieds posés sur son bitume, ça m'est arrivé, une fois.

Où je vis, il fait chaud, même l'hiver. Aujourd'hui, à 5h ce matin, il faisait 10°C, et 17°C l'après-midi, un climat tropical, je vous dis, pour une fin février. Cuit à point tout au long de l'année, quand je pars, je cherche la fraîcheur, me parlez pas des Seychelles, mais une virée sur la banquise, j'en rêve.



Parfois, chez British airways, tu as du bol, et ton voyage classe éco se termine dans un fauteuil première classe, c'est cool, tu manges dans de la porcelaine, champagne et petits fours, t'en oublierais presque ton jean et tes baskets tellement confortables, quoiqu'un un peu décatis.

Mais parfois chez British airways t'as pas de bol, et tu arrives à Dorval, aéroport de Montréal, Québec, Canada, avec juste la moitié des bagages. C'est gênant, vu qu'à Nice au départ il faisait quasiment 20°C, t'as laissé la grosse veste dans la valise bleue, celle ou y avait la trousse de toilette, celle qui stagne quelque part aux environs de Londres.

C'est gênant du fait qu'il fait -20°C, là, en sortant de l'aéroport. Tu voulais la fraîcheur, tu débarques dans un congélateur. Direction Jean Coutu, y racheter une brosse à dent, un shampoing douche, un peigne. Vu notre réputation de réfractaire à la savonnette, surtout pas donner prise à cette légende urbaine. Dire vous, s'entendre dire tu, trouver ça agréable.



Trouver le gîte du passant réservé, se faire encore tutoyer, trouver ça de plus en plus sympa. Premier repas dehors, à peine arrivé, déjà placé, la carte, un sourire, un grand verre d'eau en prime. Vite servi et bien servi. T'es définitivement plus en France. Demander l'addition, faire un savant calcul pour payer le service, arrondir au-dessus pour la réputation nationale, et même ainsi trouver ça plus qu'honnête.

Rentrer se coucher de bonne heure, vu que ton horloge interne, elle dit que t'es déjà au milieu de la nuit, que demain tu veux être en forme pour accueillir ta valise bleue, découvrir l'autochtone, son biotope, et le smoked meat de chez Schwartz.


A demain donc...

mercredi 27 février 2008

AndiamoConte pour grands z'enfants

Ah, mortecouille ! s'écria le Chevalier de Castelniquon, en prenant connaissance du parchemin que lui tendait son Seigneur et maître le Sire de la Morvelle, un ultimatum Messire ? Un ultimatum de ce foiruteux Marquis de l'Aiguillette, ce félon justement empêché de l'aiguillette ! Un rire gras accompagna cette boutade. Comment ce chiasseur ose-t-il menacer sa Seigneurie ? S'attaquer à ses biens ? Forts modestes au demeurant !

Que nenni, je le pourfendrai, l'estoquerai, frappant du plat et de la pointe, l'embrochant comme vulgaire volaille ! Donnez-moi Messire quelques vaillants porte-hallebardes, quelques braves archers, et nous vous ramènerons ce faquin, ce tire-laine, ce pousse-cailloux.

Allons, Chevalier, calmez vos ardeurs, tempéra de la Morvelle, et gardez l'icelles pour guerroyer, ne jetez pas la tronçonneuse après l'escalier (ça ne veut strictement rien dire, et de surcroît : anachronisme)

Si fait, mon Seigneur, je vais de ce pas quérir mes braves, et disposer les chariots en cercle.

Ah la belle âme, le preux Chevalier, prêt au sacrifice suprême pour l'honneur de son Seigneur ! Qui aujourd'hui serait prêt à offrir sa vie pour son bien-aimé Président ? Levez la main que j'vous compte, attention je n'ai que dix doigts, 1, 2, 3, 4..7, ça va j'aurai assez de doigts, ouf j'ai eu peur !

De Castelniquon recula pour ne point tourner poulaines devant son Seigneur, puis se rendit en salle des gardes.

Quelques gaillards étaient attablés, buvant, à même les pichets, une horrible piquette qui faisait des centenaires à ne plus que savoir en faire, si elle ne leur tournait pas la tête ! Mais où j'ai trouvé ça moi ?

Mordiou, ventre saint-gris, ah ça ! Foin des beuveries, z'allez l'ver vot'cul, et z'allez m'briquer c'te turne, ça r'naude grave, exécution ! Vous voyez, 7 ou 8 siècles plus tard, le langage vernaculaire usité dans les chambrées n'a guère évolué, si ce n'est qu'à la fin de la phrase il s'est enrichi d'un DEDIEU !

A l'heure où blanchit la campagne, ils partirent cinq cents, mais point de prompts renforts, les foireux, les couards, les chie-en-braies, les trembloteux du pourpoint, caltés ! volatilisés ! terrés en quelque obscur vallon !

Quand de Castelniquon arriva en vue de l'austère château du Marquis de l'Aiguillette, il se retourna pour la première fois depuis son départ, stupéfaction ! Ils n'étaient pas trois mille en arrivant à bon port, mais une poignée, cinq hommes en tout !

Rien que des sourds (on dirait aujourd'hui mal-entendants, ça n'améliore pas leur audition hélas, je dis cela car avant une intervention, j'étais myope comme une taupe, mes carreaux auraient pu servir de hublots au commandant Cousteau, j'étais atteint d'une déficience oculaire assez conséquente ! Moi, je disais tout simplement "je vois clair comme un tas d'sable", c'est la même chose et au moins ça fait marrer), aucun d'eux n'avait compris ce qu'on lui demandait, ils avaient suivis, connement.

Que faire se demanda Castelniquon ? Demi-tour ? Fort importun, je ne suis point un couard, un fielleux, un chie-en-chausses, guerroyer certes, à un contre dix passe encore, mais un contre cent ? N'est-ce point trucidement ? TRUCIDEMENT ? Un péché mortel !

Mortel qu'il était le péché, la vache ! Rôtir dans les flammes de l'enfer, se faire sodomiser par des diablotins montés comme des bourricots ! Se faire enfourcher les joyeuses par des incubes en mal de mignardises, émasculé par des trolls sodomites ! Ah foutre non, et pour la première fois de sa vie le Chevalier de Castelniquon se mit à réfléchir.

Soyons rusé, gambergea-t-il, soyons chattemite comme un vieux prélat, entrons dans la place, en douceur, demandons asile, les lois de la Chevalerie obligent à l'hospitalité, un petit rictus de satisfaction lui tordit la bouche sous son heaume... Et puis j'aviserai.

Oh là du pont-levis ! Je suis le Chevalier de Castelniquon, flanqué de quelques-uns de ses preux, baissez le pont-levis, levez la herse, rambutez les merchandeaux, caratez la chandouille, débigoisez les paloins (tout et n'importe quoi).

Dans l'horrible cliquetis des chaînes, la lourde herse se leva, tandis que le pont-levis s'abaissait lourdement.

Suivi de ses soudards, Castelniquon pénétra dans la cour du château, les palefreniers se précipitèrent afin de conduire les montures de nos héros aux écuries. Le Chevalier se rendit aussitôt aux appartements du Marquis, petite courbette : "Marquis, je vous salue bien bas, mon maître le Seigneur de la Morvelle, vous adresse par ma modeste personne son plus profond respect".

Fort bien Chevalier, asseyez vous séant à cette table en ma compagnie et celle de Dame Frénégonde, ma Mie, et partagez notre frugal repas.

Ah mordiou, enfer et damnation, la donzelle et néanmoins épouse du Marquis était la plus sublime des créatures que l'on eût vu : la belle jouvencelle, pâle aux yeux clairs sous son haut hennin, ses mains gracieuses posées devant elle, comme deux papillons. Jamais le Chevalier n'avait vu si belle personne.

Ah le porc ! songea le preux, une si belle épouse donnée à pareil pourceau, autant filer une framboise à un âne, de la marmelade aux sangliers, des poulardes aux chacals, et enfin une bien nichonnée à un manchot ! Quel gâchis !

En guise de frugal repas, les hommes s'empiffrèrent comme des gorets, burent comme des éclusiers, rotèrent comme manants en indigestion ! Puis vînt l'heure de se séparer, le Marquis fit donner une chambre au Chevalier, et chacun rentra dans ses appartements, l'invité remarqua que la Marquise faisait chambre à part.

S'étant couché, le Chevalier ne trouva point le sommeil, il songeait à sa mission, et surtout à la belle Dame. Sanguin de nature, les tourments de la chair commençaient à l'assaillir. Il se leva, sortit de sa chambre, longea le froid et obscur corridor (les corridors sont toujours froids et obscurs, z'avez remarqué vous aussi ?), puis s'arrêta devant l'huis de Dame de l'Aiguillette, il gratta doucement le bois de la lourde porte, cette dernière s'ouvrit immédiatement, surprenant l'audacieux.

Une poigne vigoureuse l'attira violemment sans qu'il put se défendre, aussitôt des lèvres se collèrent aux siennes, tudieu quelle fougue que cette donzelle songea l'écornifleur.

Prestement l'impatient ôta ses vêtements, puis flamberge au vent il se jeta sur la fluette Marquise, lui formulant moultes promesses : j'vas t'casser les pattes arrières, te péter la charnière, t'éclater les vergetures, te gamahucher jusqu'à tant que tu louches, fumelle lubrique, j'vas t'curer les douves !

Et l'autre qui bafouillait OOOOOOH voui, mon beau coq de combat, mon taureau fougueux, viens que j'te casse une canne, j'vais t'faire une tabellionnade (aujourd'hui on dirait une cravate de notaire), je vais te ravager l'entresol, te décalcifier l'boutoir, te dégorger le tournebout à grelots, tu ne sauras même plus comment tu t'appelles !

Castelniquon exhibant ses virils attributs lui demandait les yeux exorbités : et dans ton pays, les canards y-z'ont-y un bec comme ça ? J'vais t'accrocher aux tentures, te faire bouffer les bois d'lit, sûr j'vais t'mettre à la tête d'une grosse affaire, comme une carpette que j'vais t'rendre à l'autre empêché du kangourou (ouais, je sais, mais j'anticipe, et puis merde c'est moi qui raconte) ! Tu vas t'en souvenir de mon olifant à crinière, je suis Verseau ascendant recto, et je vais te le prouver séant, j'vas te r'tourner le fondement comme une vieille paire de chausses !

ENCOOOORE, OUIIII je suis ta CHOOOOSE. Ah ! elle avait l'extase explosive la délaissée du calbute !

Au matin, nos deux amants anéantis par leurs nocturnes exploits constatèrent les dégâts. Les bois du lit avaient rendus l'âme, le lourd baldaquin tendu de serge rouge gisait au sol ! La grande tapisserie qui ornait le mur, pendait lamentablement, la déchaînée l'avait arrachée sous les assauts intempestifs et combien titanesques de Castelniquon !

Un désastre, Pearl-Harbor, Hiroshima, Waterloo, La Motte-Picquet-Grenelle. Ah pute vierge ! S'écria l'ex-flamboyant Chevalier (je dis l'ex, car il n'était plus du tout flamboyant), fini le marteau-piqueur, la perceuse à percussion. Le burineur des esseulées, le fourrageur des basses fosses, ratatiné, recroquevillé le bulot, larvaire qu'il était, pas même un soupçon d'arrogance ! Espongé par la sangsue Marquisienne, vidé comme une outre après quinze jours passés dans le Ténéré !

Reluquant la petite chose toute fripée pendouillant devant elle, Dame Frénégonde éclata de rire, un rire ENORME, apte à réveiller le château tout entier !

Ce qu'il parvint à faire d'ailleurs. On court, on se précipite, on s'interroge, on se bouscule... Tout à coup le Marquis de l'Aiguillette fait irruption dans la chambre de sa Mie !

Ah foutre ! Que faites vous Chevalier, mantule au vent ? Sans vos braies, et devant Dame Frénégonde ma juste épouse ? Ne me dites pas que vous attendez le coche de treize heures !

Certes non, balbutia le coupable, c'est qu'ayant entendu vot'Dame s'esclaffer, je me suis précipité craignant que quelque malmeneur de vertu se soit introduit dans sa chambrette.

Alors le Marquis partit d'un grand rire, imité en cela par son épouse : allons Chevalier, ne vous troublez point, tout ceci n'était que mise en scène, la Marquise comme vous avez pu le constater possède fort bon appétit, et fait grande consommation de jouvenceaux. Toutefois vous méritez un satisfecit : jamais encore pareil tournoi amoureux n'avait retenti dans ces murs. Le sus nommé baissait la tête rouge de confusion.

Euh, pour le baldaquin, Messire, je paierai, j'ai un cousin qui vend de la serge, je le remplacerai, je vous le promets, à moins que vous ne préfériez un bon de cretonne ?

Ne vous excusez pas mon bon : vous êtes une épée de plumard Chevalier, un sabre de pucier, un épieu de traversin, une hallebarde de sommier !

Tout le monde connaît mes faiblesses, aussi voulant conserver Dame Frénégonde près de moi, je vous retiens, vous serez le prisonnier de la Marquise, à ce titre je vous nomme "Grand pourfendeur de conins" !

Oublieux de sa mission, pour les beaux yeux (et le reste) de Dame Frénégonde, de Castelniquon, le pieux Chevalier resta l'invité du Marquis.

La Marquise et le Chevalier ne se marièrent jamais, et pour cause, mais ils eurent beaucoup d'enfants, pour la plus grande joie du Marquis.


"Et dans ton pays, les canards y-z'ont-y un bec comme ça ?"


   Dessin Andiamo 2008

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